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Description
Harmonica, Guitare : Laurent Lamarca
Percussions, batterie, programmation, ingénieur du son, synthés, piano, producteur : Egil "Ziggy" Franzén
Basse, Programmation, Ingénieur du son, Producteur, Synthé : Romain Descampe
Ingénieur du son : Alex Gopher
Auteur, Compositeur : Gauvain Sers
Paroles et traduction
Original
Monsieur le Président, j'prends la plume aujourd'hui comme l'ont fait Boris Vian et
Renaud après lui.
J'ai l'espoir qu'une lettre sera peut-être lue quand le bruit sous vos fenêtres, vous ne l'entendez plus.
Monsieur le Président, seriez-vous dur d'oreille pour bafouer si longtemps un boucan sans pareil?
C'est le peuple qui gronde, qui occupe vos boulevards pendant qu'la bête immonde se rapproche du pouvoir.
Monsieur le Président, je ne viens pas en guerre, déserteur également, mais surtout en colère quand fleurit l'injustice, les propos indécents, quand on voit la police cogner des innocents.
Monsieur le Président, refusez-vous de voir ceux qui vous ont un temps choisi dans l'isoloir?
C'est l'infirmière de garde qui ne compte plus ses pleurs chaque nuit quand elle regarde l'hôpital qui se meurt.
Monsieur le Président, admirez les banderoles aux bras des enseignants qui se saignent aux écoles.
Qu'y a-t-il de plus beau qu'un gamin qui apprend, qui monte sur l'escabeau pour devenir plus grand?
Monsieur le Président, si j'ose ces quelques vers peut-être impertinents, c'est qu'on marche de travers.
Oubliez l'arrogance au fond de votre planque, on n'dirige pas la France comme on dirige une banque.
Monsieur le Président, remarquez ceux qui plongent, ouvriers, artisans tour à tour jettent l'éponge.
Et les rires en pagaille, ils ne résonnent plus quand une usine se taille, quand un père s'est pendu.
Monsieur le Président, notre belle maison brûle. Il est fini le temps des magouilles, des calculs.
Admirez nos montagnes, l'océan, les oiseaux.
Il est temps que l'on soigne la terre de nos marmots.
Monsieur le Président, et sauf votre respect, vous offensez grandement votre poste au sommet.
Faut être à la hauteur du berceau des Lumières, des poètes, des auteurs, des femmes qui se libèrent.
Monsieur le Président, tout en haut de l'échelle, je vous l'accorde, pourtant, la vue doit être belle.
Mais descendez d'un cran et mesurez la peine de millions de braves gens que vos lois ne comprennent.
Monsieur le Président, passez-moi les menottes, faites-moi taire sur-le-champ, interrogez mes potes.
Je ne fais que chanter la résistance, la vie, l'amour, la liberté que le monde nous envie.
Monsieur le Président, peut-être m'avez-vous lu.
Vous n'avez guère le temps et d'ailleurs, moi non plus.
J'ai le cœur à combattre l'absurdité humaine, armé d'une feuille A4.
Alors, à une prochaine.