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Pochette du titre Le penseur

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Description

Le monde semble s'être figé sur pause - la mer ne bouge pas, le ciel est pensif, même les mouettes semblent avoir perdu le mode d'emploi pour voler. Il se tient là, regarde cette immobilité et se souvient de la façon dont tout était plus vivant autrefois : l'été, les villes, la famille, même le chien. Maintenant, il n'y a plus que le port avec ses grues fatiguées et un arrière-goût de fer dans l'air. Et dans ce silence résonne une étrange sérénité : comme si tout était fini, mais qu'il faisait encore chaud à l'intérieur. Oui, le déclin était évident, l'humanité avait depuis longtemps oublié comment être humaine. Mais tant qu'il y aura des bistrots dans le monde où l'on sert sans poser de questions et où l'on joue de vieilles chansons françaises, la vie n'aura pas encore complètement perdu la partie. Et s'il n'y a rien là-haut, eh bien, tant pis. L'essentiel est de pouvoir récupérer le bateau. Et des amis. Au moins ces deux-là. Auteur, compositeur, arrangeur et interprète : Benjamin Biolay. Producteurs : Benjamin Biolay et Pierre Jaconelli. Enregistrement : Paris (Studio de la Seine), Bruxelles (ICP), Buenos Aires (Estudios Panda) et Rio de Janeiro (Studio Salve Salve chez Georges). Mixage : Pierrick Devens et Thomas Bonnen au Studio de La Seine, Paris. Mastering : Alex Gopher à Translab, Paris.

Paroles et traduction

Original

Il regarde le ciel immobile

Et se demande où sont les villes

Et l'été naguère invincible

Qui n'est pas revenu de l'ouest

Il regarde la mer impavide

Qui d'un coup d'un seul se débride

Puis boit la gourde à moitié vide

Le ciel et l'eau se font des tresses

Il s'empare d'une lame visible

Puis solennellement désigne

Le port où s'alignent les grues

Là où jadis il a vécu

Une forme de bonheur indicible

Avec sa femme son chien ses filles

Il se dit je suis encore chaud

J'aime bien mourir ma non troppo

Et puis au cas où

Je dis bien au cas où

Il y aurait rien là-haut

Pourrais-je emmener mon bateau?

Et puis au cas où

Je dis bien au cas où

Il y aurait rien là-haut

Pourrais-je emmener les potos?

Il regarde la route de l'exil

Et se demande où vont les îles

Et les grands oiseaux indociles

En forme de signaux de détresse

Il rêve des berges du Tibre ou du Nil

Humant la fumée d'une Dunhill

Il reste au loin quelques collines

Allongées dans la brume épaisse

Avant ici il y avait des chenils

Des grands bourgeois d'une grande ville

Le confluent le pauvre est nu

Et le jardin montre son cul

Le déclin était prévisible

L'humanité si peu sensible

Mais tant qu'il y aura des bistrots

Je veux bien mourir ma non troppo

Et puis au cas où

Je dis bien au cas où

Il y aurait rien là-haut

Pourrais-je emmener mon bateau?

Et puis au cas où

Je dis bien au cas où

Il y aurait rien là-haut

Pourrais-je emmener les potos?

Et puis au cas où

Je dis bien au cas où

Il y aurait rien là-haut

Pourrais-je emmener mon bateau?

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